Liste des guerres prolongées par une irrégularité diplomatique — Wikipédia

Dessin humoristique dans le magazine Puck célébrant la « reprise » des relations diplomatiques entre la Grèce et la Perse en 1902, relations interrompues par les Guerres médiques en -490.

Les guerres prolongées par une irrégularité diplomatique concernent souvent de petits pays cités dans une déclaration de guerre lors d'un conflit généralisé mais omis accidentellement lors du traité de paix. Ces « guerres prolongées » ne sont découvertes que bien après le traité de paix et n'ont aucune conséquence durant la longue période (souvent des décennies) suivant la fin des combats.

Une telle situation doit être distinguée de celle où les parties évitent délibérément de signer un traité de paix quand un conflit politique survit au conflit militaire, comme dans le cas du contentieux relatif aux îles Kouriles entre le Japon et la Russie.

Guerres prolongées[modifier | modifier le code]

Belligérants Conflit historique Déclaration de guerre Paix De facto Cérémonie de paix Statut de la revendication
la France et l'Angleterre Guerre de Cent Ans 1337 1453 1475 La guerre de Cent Ans s'était « endormie » en 1453 après la bataille de Castillon, le traité de paix signé à Picquigny le entre le roi de France Louis XI et le roi d'Angleterre Édouard IV y met fin définitivement.
les Sorlingues et les Provinces-Unies
(Guerre de Trois cent trente-cinq Ans)
Première guerre anglo-néerlandaise 1651 1654 1986 Les Provinces-Unies dirigées par Michiel de Ruyter déclarèrent la guerre aux Conseil des Sorlingues qui administrait les îles pour la Couronne britannique (pour le duché de Cornouailles). Les pirates de ces îles étaient une menace durant la Première Révolution anglaise entre les Royalistes et les Parlementaristes. Quand les Provinces Unies et le Commonwealth d'Angleterre rédigèrent le traité de Westminster en 1654, cet état de guerre fut oublié — il n'avait d'ailleurs donné lieu à aucun combat.
Huéscar et le Danemark Guerre d'indépendance espagnole 1809 1814 1981 La municipalité d'Huéscar était en guerre avec le Danemark à la suite des guerres napoléoniennes en Espagne durant lesquelles le Danemark était allié avec le Premier Empire. La déclaration de guerre officielle fut oubliée jusqu'à ce qu'elle soit redécouverte par un historien local en 1981, ce qui donna lieu à la signature d'un traité de paix le par le maire José Pablo Serrano Carrasco (es) et l'ambassadeur du Danemark en Espagne Mogens Wandel-Petersen. Pas un seul coup de feu ne fut tiré durant les 172 années de cette guerre sans la moindre victime.
la Principauté du Monténégro et l'Empire du Japon Guerre russo-japonaise 1904 1905 2006[1] La principauté du Monténégro déclara la guerre à l'Empire du Japon en tant qu'allié de l'Empire russe mais, en raison de l'éloignement géographique, sa participation au conflit se limita à l'envoi de quelques soldats. Après l'indépendance du Monténégro (indépendant en 1904, mais rattaché à la Serbie en 1918) votée en 2006, le pays signa un traité de paix séparé afin d'engager des relations diplomatiques avec le Japon. Voir Relations entre le Japon et le Monténégro.
Andorre et l'Empire allemand Première Guerre mondiale 1914 1918 1958[2],[3] Andorre ne fut pas invitée à la Conférence de paix de Paris de 1919. Sa participation au conflit n'était que formelle.
le Costa Rica et l'Empire allemand Première Guerre mondiale 1918 1918 1945 En raison d'un différend concernant la légitimité du gouvernement de Federico Tinoco Granados, le Costa Rica ne prit pas part au traité de Versailles[4].

La guerre entre le Costa Rica et l'Empire allemand prit fin après la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre des accords de Potsdam. Le Costa Rica n'a pas déclaré la guerre à l'Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale[5].

les Alliés de la Seconde Guerre mondiale et l'Allemagne Seconde Guerre mondiale 1939 1945 1990
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il n'y avait pas d’État allemand reconnu par toutes les forces alliées comme l'unique représentant de l’ancien Reich. La « guerre » ne prit fin juridiquement que lors de la réunification allemande en 1990. Avec quelques ajustements en 1949, l'état de guerre entre les États-Unis et l'Allemagne fut conservé afin de fournir une base légale à la présence de troupes américaines[6], as a legal substitute for a peace treaty[7]. Les États-Unis mirent fin formellement au conflit avec l'Allemagne le . Selon les États-Unis, un traité de paix formel avait été bloqué par l’Union soviétique[7]. Ce ne fut qu'avec la signature en 1990 du traité de Moscou que la paix fut formellement rétablie.
le Japon et la Russie Seconde Guerre mondiale 1944 1945 En cours En 1956, le Japon et l'Union soviétique signent une déclaration commune soviéto-japonaise prévoyant la fin de l'état de guerre et convenant de poursuivre les négociations pour un traité de paix. La finalisation de ce traité reste suspendu à la résolution du différend relatif aux îles Kouriles.

Accords de paix symboliques[modifier | modifier le code]

Belligérants Conflit historique Déclaration de guerre Paix De facto Cérémonie de paix Statut de la revendication
Rome et Carthage Guerres puniques 264 av. J.-C. 146 av. J.-C. 1985
La Rome antique et l'ancienne Carthage n'ont jamais signé de traité de paix après la prise et la destruction de Carthage par les Romains en 146 av. J.-C. Le , le maire de Rome Ugo Vetere (en) et le maire de Carthage Chedli Klibi ont signé un traité de paix et un pacte d'amitié[8],[9].
Perse et Grèce Guerres médiques 499 av. J.-C. 439 av. J.-C. 1902 En -499, l'Empire achéménide a tenté de conquérir les différentes cités du monde grec antique. En fin de compte, ses efforts se sont avérés vains et les civilisations perse et grecque ont continué de se faire la guerre avec une certaine intensité jusqu'à ce que la première renonce à ses projets de conquête sur la seconde en -449.
Cependant, malgré la fin de la guerre, Grecs et Perses n'ont jamais officiellement rétabli leur relation diplomatique jusqu'à ce que les Kadjar entreprennent de nommer un ambassadeur persan à la cour hellénique en 1902[10].
Sparte et Athènes Guerre du Péloponnèse 431 av. J.-C. 404 av. J.-C. 1996 En 1996, le maire d'Athènes Dimítris Avramópoulos et le maire de Sparte Dimosthenis Matalas ont signé un accord de paix symbolique mettant officiellement fin à la guerre du Péloponnèse[11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Montenegro, Japan to declare truce », United Press International.
  2. (en) « World War I Ends in Andorra, UPI story », New York Times,‎ , p. 66.
  3. Académie de droit international de La Haye, Recueil des cours, vol. 149, Kluwer Academic Publishers, , 399 p. (lire en ligne).
  4. (en) United States. Congress. Senate. Committee on Foreign Relations, Treaty of peace with Germany: Hearings before the Committee on Foreign Relations, United States Senate, sixty-sixth Congress, first session on the Treaty of peace with Germany, signed at Versailles on June 28, 1919, and submitted to the Senate on July 10, 1919, Govt. Print Off., (lire en ligne), p. 206-209.
  5. (en) Kathy Benjamin, « 11 Wars That Lasted Way Longer Than They Should Have », Mental Floss,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. « THE NATIONS: A Step Forward », Time,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. a et b (en) « National Affairs: War's End », Time,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. (en) « ‘Better Late Than Never’ Category: Rome, Carthage Finally Make Peace », Los Angeles Times,
  9. (it) Guglielmo Pepe, « PACE TRA SCIPIONE E ANNIBALE 'NON PIU' NEMICI MA ALLEATI' », La Repubblica, (consulté le )
  10. (en) Henry Smith Williams (en) (dir.), The Historians' History of the World (en), vol. 3 : Greece to the Peloponnesian war, , p. 267
  11. [1]", NPR, 12 March 1996.